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Catégorie : Littérature

Conte – La romance de l’ogre Yosipovitch

Conte – La romance de l’ogre Yosipovitch

AuteurMatthieu Sylvander – Anaïs Vaugelade
EditeurL’école des loisirs
CollectionMaximax
Pages114
Première publication2019
Âge conseilléÀ partir de 8 ans
Lu en classeNon, mais ça viendra
Thèmes abordésConte, fantastique
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Le résumé

Qui a dit que les ogres ne pouvaient pas tomber amoureux ?

Édouard est amoureux de Bella. Mais à part la taille de leurs crocs, ces deux-là n’ont pas grand-chose en commun. Édouard est un ogre terriblement grossier et malodorant, alors que Bella est une cyclope particulièrement coquette et raffinée. Elle l’a donc prévenu: s’il veut lui plaire, il doit apprendre les bonnes manières et se transformer en gentleman d’ici leur prochain rendez-vous. Sinon, tout ogre qu’il est, elle n’en fera qu’une bouchée. Édouard n’a aucune chance! À moins de tomber par le plus grand des hasards sur un expert en bonnes manières dans les Noires Forêts de l’Oural… 

Mon avis — ★★★★☆

J’ai reçu La romance de l’ogre Yosipovitch dans le cadre de notre abonnement de classe à “L’école des loisirs” dans la collection Maximax. Comme à mon habitude, j’ai voulu lire le roman avant de le proposer dans la bibliothèque de classe afin de le vendre aux élèves et leur donner envie de le lire.

C’est un conte bien sympathique, qui se lit facilement (s’il fait plus d’une centaine de pages, les illustrations prennent beaucoup de place et le texte est écrit avec une police assez grande). L’histoire est celle d’un ogre bien dégoûtant qui tombe amoureux d’une cyclope raffinée et exigeante.
C’est drôle de voir se dépatouiller un être aussi pataud tenter de devenir un gentleman pour réussir à séduire la belle (on pourra faire le lien avec les mâles de certaines espèces qui mettent en place tout un tas de stratagème pour séduire la femelle).
En parallèle, on suit l’histoire d’un précepteur et ses deux élèves pour qui l’école signifie un ennui abyssal. Ce pauvre enseignant tente de les raccrocher à ses programmes en organisant une sortie en forêt, qui se terminera – on s’en doute – par une rencontre avec le monstre mangeur d’humains…

Je vous le conseille. Ce n’est pas la meilleure des lues récemment, mais elle plaira à coup sûr aux élèves dès le CM1 en lecture seule ou dès le CE2 en lecture offerte.

Extraits

Son nom signifiait “Édouard, fils de Yosip” ; feu son père s’était appelé pour sa part Yosip Edouardovitch, car dans la famille des ogres de l’Oural, on brille plus par l’appétit que par l’imagination. Édouard lui avait succédé en tant que chef de de clan le jour où il l’avait mangé – c’est ainsi que se règlent les questions de succession chez les ogres, on serait peut-être avisé de s’en souvenir de ce côté-ci des montagnes.

“La romance de l’ogre Yosipovitch”, Matthieu Sylvander – Anaïs Vaugelade

Elle ouvrit son armoire : à droite les vêtements, à gauche les armes. Elle choisit une robe couleur de lune et un poignard à lame courbe.

“La romance de l’ogre Yosipovitch”, Matthieu Sylvander – Anaïs Vaugelade

Roman – L’épouvantable bibliothécaire

Roman – L’épouvantable bibliothécaire

AuteurAnne-Gaëlle Balpe
EditeurSarbacane
Pages176
Première publication2019
Âge conseilléÀ partir de 9 ans
Lu en classeNon, mais ça viendra
Thèmes abordésAventure, étrange, amitié
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Le résumé

Qu’y a-t-il de plus sympathique que la dame de la bibliothèque ?

Quand Suzanne apprend qu’elle va passer ses vacances chez sa tante Églantine, à la campagne, loin de sa bibliothèque chérie, c’est la catastrophe : deux semaines sans lire, impossible ! Heureusement, une fois sur place, elle apprend qu’un vieux manoir abrite une bibliothèque. Suzanne est ravie : ses vacances sont sauvées. Bizarrement, tout le monde semble avoir peur de cet endroit, et ses nouveaux amis, Marin et Mo, la mettent en garde : la bibliothécaire est une vieille sorcière acariâtre ! Mais lorsque la petite sœur de Mo échappe à sa surveillance et entre dans le manoir, plus le choix : épouvantable bibliothécaire ou pas, il faut la récupérer ! 

Mon avis — ★★★★☆

Tombé par hasard sur ce livre au détour de mes balades dans les rayons “littérature jeunesse” des bibliothèques locales, j’ai été attiré par le titre de ce roman. Comment une bibliothécaire pourrait être “épouvantable” quand je vois la gentillesse et la patience de celles qui m’entourent ?

Bien que le titre nous prédise les actions à venir, l’histoire met un moment avant de nous ouvrir les portes de cette bibliothèque à la gérante si particulière. Et ce n’est pas déplaisant. On découvre préalablement une jeune fille qui ne vit que pour les livres. Matin, midi et soir, elle dévore tout ce qu’elle trouve. Forcée de partir en vacances à la campagne, chez une tante tout ce qu’il y a de plus bucolique et avec un seul livre en poche, Suzanne (c’est son nom) va découvrir la vie à la ferme. Par une succession d’actions dont je ne dévoilerai rien ici, la lectrice accompagnée d’amis qu’elle se fait sur place, va découvrir un étrange bâtiment enfermant – paraît-il – une bibliothèque. Personne n’y met plus les pieds depuis longtemps tant la gardienne semble porter malheur…

C’est un très bon roman. Les personnages sont intéressants, même si j’aurais aimé un peu plus de détails sur la vie de chacun d’entre eux. Les actions s’enchainent avec logique, dans un rythme soutenu mais pas effréné. Même si les adultes devineront facilement la fin à venir, l’histoire propose suffisamment de suspens pour enchaîner les chapitres jusqu’à la fin, elle plaira à tous les enfants qui aiment les histoires bizarres (on mettra la science théorique de côté dans cet ouvrage).
Je vous le conseille en étant persuadé qu’il plaira aux jeunes lecteurs !

Extraits

Elle connaissait la collection dans laquelle était publié le livre, mais c’était la première fois qu’elle lisait un ouvrage de cet auteur. La quatrième de couverture était vraiment alléchante : suspense, humour, aventure… tout ce qu’elle adorait !

“L’épouvantable bibliothécaire”, Anne-Gaëlle Balpe

– Ouais, ben si j’étais toi, la coupa Mo, j’irais pas trop traîner dans le coin. 

– Je lui ai déjà dit, renchérit Marin. C’est un vrai musée du microbe, cette bibliothèque. Je suis sûr que dans certains livres, y a des virus qui ont mille ans ! La peste bubonique, la grippe espagnole… 

Suzanne se passa la main sur le visage en soupirant, désespérée par tant d’ignorance. Mo poursuivit :

– Y a pas que le virus qui ont mille ans : la bibliothécaire aussi, si tu veux mon avis !

“L’épouvantable bibliothécaire”, Anne-Gaëlle Balpe

– Vous laissez les livres moisir ici ! Si vous étiez une vraie bibliothécaire, vous en prendriez soin, vous accepteriez que les gens les empruntent ! Un livre qui n’est jamais lu, c’est un livre mort ! Aucune vraie bibliothécaire ne ferait mourir des livres !

“L’épouvantable bibliothécaire”, Anne-Gaëlle Balpe

Roman – Antoine et les yeux rouges

Roman – Antoine et les yeux rouges

AuteurThérèse Roche
EditeurLire c’est partir
Pages128
Âge conseilléÀ partir de 9 ans
Lu en classeNon
Thèmes abordésEnquête, étrange
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Le résumé

Tu peux enlever les yeux rouges sur la photo là ?…

En vacances dans la Creuse chez ses grandes-tantes, Antoine a bien du mal à les reconnaître tant leur comportement d’une année sur l’autre a changé. La foudre lors d’un terrible orage les aurait-elles choquées à ce point ? Pour Antoine, il ya bien autre chose… Que recèle donc la chambre du grenier dont la clé est soi-disant perdue ? Antoine est biend écidé à mener l’enquête… 

Mon avis — ★★★☆☆

Les éditions “Lire c’est partir” permettent de remplir facilement les rayonnages de sa bibliothèque de classe avec des livres très peu chers (80 centimes en dépôt, y ajouter les (trop chers) frais de port si on commande depuis leur site). Le soucis, c’est que les livres sont souvent d’une qualité limitée et si quelques pépites existent, beaucoup se laissent lire sans plus. C’est le cas ici.

“Antoine et les yeux rouges” n’est pas une mauvaise histoire. Les personnages ont tout pour être intéressants : un jeune garçon en vacances chez ses tantes, des tantes au comportement étrange, des voisins qui connaissent bien le pays… L’histoire aussi a tout pour m’accrocher : un changement de comportement radical de la part de la famille du héros, des évènements étranges, un secret caché dans un grenier…Et que dire des lieux ! La campagne, les petits villages, les champs et les arbres à perte de vue…
Bref, tout est fait pour me plaire. Mais je ne sais pas… ça ne prend pas complètement. Il m’a manqué quelque chose lors de la lecture. Est-ce lié au style ? Au manque de panique de héros face à la situation ? Au déroulé trop rapide parfois et trop lent ailleurs ?

Bref, si cette histoire trouvera sa place sur une étagère de CM1-CM2 et plaira probablement à certains enfants, le livre ne sera pas le plus consulté de la collection.

Nouvelles – Drôle de samedi soir

Nouvelles – Drôle de samedi soir

AuteurClaude Klotz
EditeurLe livre de poche jeunesse
Pages186
Âge conseilléÀ partir de 9 ans
Lu en classeNon, mais ça viendra
Thèmes abordésEnquête, aventures, humour
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Le résumé

Les histoires se suivent mais ne se ressemblent pas…

Comment Harp, 10 ans, amateur de télé et de poulet mayonnaise pourrait-il neutraliser quatre cambrioleurs seul et sans se fatiguer ? Qu’y a-t-il de commun entre un gangster en fin de carrière et une veille dame mal aimée ? Comment un ascenseur à la vitre cassée transformerait-il un comptable en vedette internationale ? 

Mon avis — ★★★★☆

Encore un livre qui trainait dans ma bibliothèque depuis quelques mois. Je l’avais probablement acheté un jour d’errance chez Cultura ou à la Fnac. Quelle ne fut pas ma surprise de le voir dans la liste de référence des ouvrages littérature jeunesse éditée par l’Education Nationale.

Je pensais qu’il s’agissait d’un roman d’enquête de deux centaines de pages, c’est finalement trois nouvelles qui se cachaient dans cet ouvrage :

  • La première raconte l’histoire d’un garçon qui va devoir lutter contre des cambrioleurs qui semblent lui vouloir du mal. Bien ficelée, cette nouvelle respecte tout ce qu’on attend de ce type d’histoire : du suspens, de l’obscurité, des méchants caricaturaux et bougons, un jeune héros courageux (un brin méprisant peut-être…)
  • La suivante nous narre la triste fin de vie d’une petite vieille qui doit loger chez son fils, au grand dam de sa belle-fille qui la déteste et fait tout pour lui faire payer sa présence. Se mêle une histoire de mafieux qui ne sera pas pour déplaire aux enfants.
  • La dernière présente un type lambda, le quadra célibataire vivant chez sa mère et à la vie aussi fade qu’inintéressante et qui va être pris d’une folie sans nom pour… (je ne divulgâcherai pas, non mais !). Là encore, l’histoire est plaisante, drôle et étonnante du début à la fin.

On est à chaque fois vraiment dans la “nouvelle” : peu de personnages, histoires courtes, lieux restreints, résolution et fin inattendues ! Les enfants comprendront facilement les situations et les amuseront à coup sûr.
Si les histoires sont différentes, elles utilisent toutes les trois un humour grinçant. Les personnages sont caricaturaux au possible, mais je n’ai pas trouvé ça gênant, bien au contraire.
On regrettera juste une grossophobie à peine cachée, typique des années 70/80 qu’on devra expliquer aux enfants.

J’ai en tout cas adoré ces histoires. J’ai été surpris par chacune des fins (je suis assez naïfs quand il s’agit des histoires cependant)… Je suis certain que vous les aimerez aussi !

Extraits

Spalanchi regarda le profil de son voisin qui se découpait sur la vitre.
“Je t’ai vu au zoo, cracha t-il, je suis sûr que je t’ai vu au zoo, du côté des gorilles.”
Walcho se tourna, étonné.
“C’est drôle, dit-il, moi je ne t’ai pas vu ; pourquoi tu ne m’as pas fait signe ?”
Spalanchi pensa que s’il voulait pas devenir fou furieux, il valait mieux qu’il se retrouve seul.

« Drôle de samedi soir ! », Claude Klotz

Sous le sourire de sa belle-fille, Andréa se rendit compte qu’il y avait une haine immense qui l’épouvantait.

« Drôle de samedi soir ! », Claude Klotz

Au fur et à mesure qu’il approchait de sa maison, son coeur battait de plus en plus vite.
C’était une folie ! Lui, Lucien Edouard Dobichon, se livrer à de telles excentricités, il n’y avait rien de plus puéril, c’était stupide, c’était…
Et brusquement il fut devant l’ascenseur.
Il se retourna et regarda dans le hall. Il était seul.
Les portes coulissèrent, se refermèrent derrière lui.
C’était l’instant ou jamais.

« Drôle de samedi soir ! », Claude Klotz
Roman – L’oeil du loup

Roman – L’oeil du loup

AuteurDaniel Pennac
EditeurPocket Junior
Pages92
CollectionTrésor de lecture
Âge conseillé9 – 11 ans
Lu en classeNon, mais ça viendra
Thèmes abordésAventure, Afrique, découverte
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Le résumé

Vous saviez que l’Afrique avait plusieurs couleurs ?

Un loup tournant en rond dans sa cage au zoo, aperçoit un enfant nommé Afrique, qui le regarde avec insistance. le loup ne veut pas voir les hommes qui le retiennent prisonnier et lui ont fait du mal à lui et aux siens. Puis le loup se met à fixer l’enfant avec son oeil unique créant un lien qui va permettre aux deux êtres de communiquer.
Un classique à ne pas manquer tant pour la jeunesse, que pour les adultes. Une histoire ou se mêlent la nostalgie, l’émotion et la tendresse.

Mon avis — ★★★★☆

Cela fait 6 ans que je voyais les collègues de CM1 de mon ancienne école lire et faire lire aux élèves “L’oeil du loup”. Je les entendais tanner les élèves avec les sempiternelles : “Il faudra lire le premier chapitre pour demain sinon punition !”… Quand on connaît Daniel Pennac, c’est à se demander si ces enseignantes ont déjà lu Comme un roman de ce monsieur.
Et c’est donc en toute logique que j’ai toujours refusé de lire ce livre ! (Ou quand la contradiction prend le dessus sur la raison.)

Et puis j’ai quitté cette école et par la même occasion mon aversion pour ce type de romans imposés, romans dont je ne connaissais que les noms. J’ai finalement réussi à le dénicher dans ma nouvelle classe, et je m’y suis mis. Je n’ai pas été déçu !

Rapide et très facile à lire, ce roman est découpé en trois parties principales axées autour des deux personnages : le présent des deux protagonistes, le passé du loup et celui de l’enfant. J’aime particulièrement ce genre de livres dans lesquels on apprend ce qui a amené les héros à se réunir et à se retrouver dans la situation initialement présentée.
Si le début est lent et calme, les deux parties suivantes sont rythmées et haletantes. Il ne se passe pas deux pages sans qu’il ne se passe rien. J’ai découvert des paysages qui ne me sont familiers que par les reportages vus ici ou là, mais cette fois avec un oeil nouveau.

C’est donc un bon livre, qui plaira au plus grand nombre. Court, il pourra encourager les élèves les plus effrayés par la lecture à y plonger facilement. Et si finalement, mes anciennes collègues avaient eu raison de le faire lire ? (sans la crainte de la sanction…)

Extraits

-Eh, toi, tu es nouveau par ici ?
-D’où viens-tu ?
-Qu’est-ce qu’il fait, ton père ?
-T’as quel âge ?
-T’es en quelle classe ?
-Tu sais jouer au Belvédère ?

Des questions d’enfants.
Mais la plus fréquente était justement celle que le loup venait de poser à l’intérieur de sa tête:

-Comment tu t’appelles ?

Et personne ne comprenait jamais la réponse du garçon.

-Je m’appelle Afrique.
-Afrique? C’est pas un nom de personne, ça, c’est un nom de pays !

On riait.

-C’est pourtant comme ça que je m’appelle: Afrique.

« L’oeil du loup », Daniel Pennac

Debout devant l’enclos du loup, le garçon ne bouge pas. Le loup va et vient. Il marche de long en large et ne s’arrête jamais.
“M’agace, celui-là…”
Voilà ce que pense le loup. Cela fait bien deux heures que le garçon est là, debout devant ce grillage, immobile comme un arbre gelé, à regarder le loup marcher.
“Qu’est-ce qu’il me veut?”
C’est la question que se pose le loup. Le garçon l’intrigue. Il ne l’inquiète pas (le loup n’a peur de rien), il l’intrigue.

« L’oeil du loup », Daniel Pennac

Il avait compris une chose très simple : les troupeaux n’ont pas d’ennemis. Si le lion ou le guépard mange une chèvre de temps en temps, c’est qu’il a faim.

« L’oeil du loup », Daniel Pennac
Roman – Mission Mammouth

Roman – Mission Mammouth

AuteurXavier-Laurent Petit
EditeurL’école des loisirs
Pages207
CollectionHistoires naturelles
Âge conseillé9 – 13 ans
Lu en classeNon, mais ça viendra
Thèmes abordésAventure, apprentissage, Russie, histoire
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Le résumé

Si vous pensiez savoir ce que c’est que d’avoir froid…

Amouksan est la doyenne de l’humanité. Elle vit en Sibérie, au bord du monde, près du domaine des esprits. À présent, il ne lui reste que ses souvenirs, et trois objets précieux qu’on lui a offerts : un talisman en cuir, une pochette de photos, et une magnifique robe qu’elle a porté une seule fois, il y a très, très, très longtemps. Dans un temps que les moins de cent ans ne peuvent pas connaître. Son père trappeur aurait voulu un garçon, pour lui apprendre à chasser le renne l’hiver, et le saumon l’été. Alors, il élèvera Amouksan comme un garçon. Mais cette année-là, c’est un géant revenu du fond des âges qu’ils vont découvrir ensemble. Un mammouth. Il allait leur offrir la plus incroyable aventure de leur vie.

Mon avis — ★★★★☆

Je ne connaissais pas la collection « Histoires naturelles » de l’Ecole des loisirs, rédigée par Xavier-Laurent Petit. C’est dans le cadre de notre abonnement de classe que j’ai lu ce roman.

J’étais sceptique… Je vous avoue que la Russie n’est pas un pays qui m’intéresse au premier abord, et l’histoire de quelques habitants de la Sibérie au début du XXe siècle n’était pas le thème premier pour me faire rêver. Mais je me suis quand même lancé (j’aime bien lire ce que je dépose dans bibliothèque de classe). J’ai été très agréablement surpris !

Le livre, qui se base sur une histoire vraie mais évidemment romancée, est le témoignage d’une très vieille femme qui raconte ses souvenirs à son arrière-arrière-petite-fille. Les chapitres alternent donc les époques passant de 1901 à 201… (oui l’année n’est pas précisée). La transition est facile et personne n’aura de mal à comprendre quand nous sommes.

On suit donc les dures aventures d’Amouksan, une petite fille de Sibérie, confrontée à la solitude de sa famille, le froid et la neige permanents, l’apprentissage de la chasse pour survivre et gagner un peu d’argent en le vendant “aux Blancs”. Le décor social est vite planté : un père taiseux, des enfants et la femme qui obéissent, une yaranga (tente traditionnelle faite de peaux tendues sur une ossature de bois)…
Et puis un jour, une découverte va venir bousculer les habitudes : la découverte d’un mammouth pris dans la boue glacée, l’interêt pour les scientifiques et la promesse d’une grosse somme d’argent. C’est alors un monde nouveau qui entre dans la vie d’Amouksan : celui du monde des villes, de la technologie, de la nouveauté…

Il est intéressant de suivre les pensées de la vieille femme et de la jeune fille qu’elle a été : l’insouciance de la jeunesse, mais aussi le questionnement permanent face à la sagesse et au rejet de nouveauté de la femme mûre que le temps a forgé.
On pourra aussi apprécier – sans que ce soit le sujet principal – les différences radicales entre deux jeunes filles séparées par un siècle d’histoire : la discrétion de l’une et la verve de l’autre ; l’acceptation des règles patriarcales de la première et le questionnement de la seconde…

Vous l’aurez compris, c’est donc un excellent roman que cette “Mission Mammouth” ! Foncez !

Extraits

Vous me prenez pour une vieille folle n’est-ce pas ?
Et pourtant, c’est la pure vérité. Que ça vous plaise ou non, j’ai quelque chose comme 126 ou 127 ans. Peut-être plus. Ou un peu moins. On ne va pas chipoter.

« Mission Mammouth », Xavier-Laurent Petit

J’ai regardé maman qui m’a regardée. Ébé a fait une grimace. Une petite soeur, ce n’était pas une très bonne idée. On le savait toutes les trois.
Ce que voulait Père, c’était un garçon.

« Mission Mammouth », Xavier-Laurent Petit

La main de la petite s’agite soudain dans la mienne. Une fois encore, j’étais repartie dans mes souvenirs. Comment s’appelle-t-elle déjà cette gamine ? Anissia ? Alissia ? Antonia ?… Ma tête est une vraie passoire.
Elle pouffe de rire. Un joli rire en cascade.
– Tu croyais vraiment qu’ils étaient blancs comme la neige ? s’étonne-t-elle. Tu n’avais jamais vu de Blancs ?
– Jamais.
– Même à la télévision ?
À mon tour de rire. Un vieux rire qui ressemble à un bêlement.
– Ma pauvre petite bichounette, à cette époque, ça n’existait pas la télévision !

« Mission Mammouth », Xavier-Laurent Petit
Roman – Dangereuses photos

Roman – Dangereuses photos

AuteurR.L. Stine
EditeurBayard
TraducteurDaniel Alibert-Kouraguine
Pages144
CollectionChair de poule — Tome 3
Âge conseilléA partir de 10 ans
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Thèmes abordésFrisson, suspens, amitié
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Le résumé

1, 2, 3… Ouistiti !

Drôle d’engin , pense Alex en trouvant un appareil photo dans une maison abandonnée. Les clichés instantanés qu’il développe représentent des évènements, toujours dramatiques, qui ne sont pas encore arrivés. Et si cet appareil, doté de pouvoirs maléfiques, provoquait l’avenir ?

Mon avis — ★★★☆☆

Ce tome est un classique de la collection « Chair de Poule » : les chapitres sont très courts, permettant aux lecteurs les plus réfractaires d’avancer rapidement dans l’ouvrage. D’autre part, la dernière ligne de chacun de ces chapitres donne toujours envie de lire la suite. Il est impossible de s’arrêter une fois lancé.
Si l’histoire est bien trop vite traitée, les détails pas toujours très intéressants et les personnages survolés, le roman reste efficace et se lit très rapidement. Un simple appareil photo peut-il faire le mal ? Évidemment, puisqu’on est dans du Stine. Je me suis laissé surprendre par deux fois, pensant qu’il allait arriver des choses très graves aux différents personnages, puis l’histoire m’a rappelé que nous étions dans un roman jeunesse.

Pas le meilleur, mais pas le pire, ce tome ravira les fans de la collection et permettra d’accrocher quelques enfants dont la lecture n’est pas le loisir premier.

Extraits

Mais non, allez, on y va ! insista Michael. On voulait de l’aventure, non ? Eh bien, partons découvrir les secrets de cette maison.
Alex hésitait en observant l’inquiétante bâtisse, saisi d’un mauvais pressentiment.
Soudain, alors qu’il s’apprêtait à répondre, une forme sombre jaillit des hautes herbes et bondit sur lui.

« Dangereuses photos », R.L. Stine

Ses mains tremblaient légèrement. Il réalisa combien cet appareil lui faisait peur maintenant.
« Je ne devrais pas faire ça, se dit-il en sentant une sourde angoisse l’envahir. Je sais bien que je ne devrais pas faire ça. »

« Dangereuses photos », R.L. Stine
Roman – Jefferson

Roman – Jefferson

« Jefferson » le lauréat du grand prix des Incorruptibles (catégorie CM2/6e) en 2019-2020.

AuteurJean-Claude Mourlevat
EditeurGallimard Jeunesse
IllustrateurAntoine Ronzon
Pages270
Âge conseilléA partir de 9 ans
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Le résumé

En ce radieux matin d’automne, le hérisson Jefferson décide d’aller chez son coiffeur se faire raffraîchir la houpette. Comment pourrait-il imaginer, alors qu’il arrive plein d’entrain au salon “Défini-Tif”, que sa vie est sur le point de basculer ?
Accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis, le brave Jefferson, 72 cm de frousse et de courage, est jeté dans une aventure qui le mènera, pour le meilleur et pour le pire, au pays des êtres humains.

Mon avis — ★★★★☆

Avant même de démarrer la lecture, mon esprit était formaté : c’est du Mourlevat, ça va être top ! Et bien je n’ai pas été déçu ! Jefferson est un très bon roman.
L’enquête, car il s’agit d’une enquête, est peu conventionnelle et amusante. Prévisible pour l’adulte que je suis, elle saura tenir en haleine le public principal sans aucun soucis.
Les personnages sont divisés en deux groupes : les animaux (à l’aspect étrangement humain) et les humains. Comment souvent dans ce genre de livres, il devient facile d’oublier qui est animal et qui ne l’est pas. Parmi les animaux : des hérissons, des cochons, des vaches… qui cohabitent sans le moindre soucis. Parmi les humains : les bons et les mauvais. On regrettera peut-être le côté un peu caricatural des deux loubards rencontrés dans le roman, mais j’ai déjà imaginé les voix que je leur donnerai lors d’une future lecture offerte en classe.

L’ouvrage traite aussi de la question de la viande et des abattoirs. Un passage notamment sera peut-être un peu difficile pour certains élèves et il est possible que l’un ou l’autre se pose la question de manger un steak en rentrant à la maison le soir-même. Une discussion pourra être nécessaire à ce sujet.

C’est donc une très bonne histoire, bien ficelée où chaque chapitre donne envie de se jeter sur le suivant. Je le conseille !

Extraits

Le jeune hérisson Jefferson Bouchard de La Poterie acheva de ranger son logis en chantonnant des petits pom… pompom… pompom… à la façon des gens qui sont de très bonne humeur. Quand tout fut parfaitement en ordre, la balayette époussetée à la fenêtre et la pelle à ordures raccrochée à son clou, il programma son four pour que ses pommes de terre à la crème soient cuites à point pour son retour. Puis il enfila son veston, le boutonna au milieu, notant par la même occasion que cela faisait des plis dans le tissu à cause de son petit bedon qui poussait vers l’avant. Il faudrait qu’il freine un peu sur les gâteaux secs.

Il se vaporisa de parfum Sous-bois, laça dans l’entrée ses chaussures parfaitement cirées en posant tour à tour son pied droit puis son pied gauche sur le tabouret prévu pour cela, attacha son sac-à-dos sur ses épaules et sortit. Ce qui le mettait en joie ce matin-là était peu de chose : il avait décidé de se rendre chez son coiffeur. Ça lui avait sauté aux yeux alors qu’il faisait sa toilette : sa gracieuse houppette était en bataille. Or, il détestait avoir l’air négligé. Voilà : il irait en ville se faire rafraîchir la houppette !

« Jefferson », Jean-Claude Mourlevat

– Asseyez-vous, les invita-t-elle en leur indiquant un canapé à fleurs. Et ne faites pas attention au désordre. C’est ce que recommandent en général les maniaques du rangement. Tout, chez Carole, était parfaitement en ordre et Jefferson y fut sensible.

« Jefferson », Jean-Claude Mourlevat

Jefferson n’avait pas l’air étonné du tout. Il avait plutôt l’air éberlué, ahuri, estomaqué, aplati, démantibulé, moulu, électrocuté, sidéré, abasourdi

« Jefferson », Jean-Claude Mourlevat
Roman – La nouvelle

Roman – La nouvelle

« La Nouvelle » est un roman issu de la sélection 2020-2021 des Incorruptibles (catégorie CM2/6e).

AuteurCassandra O’Donnell
EditeurFlammarion Jeunesse
IllustrateurJérémie Fleury
Pages128
Âge conseillé10-13 ans
Lu en classeOui, à des élèves de CE2-CM1-CM2
Thèmes abordésAmitié, famille, rejet, migrants
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Le résumé

Haya et sa famille viennent de Syrie. Ils ont dû fuir la guerre et se sont donc rendus en France, dans un village breton. Haya entre au collège et doit faire face à la méchanceté et au racisme de certains collégiens. Heureusement, son nouvel ami Gabriel la soutient et lui permet de vivre plus sereinement son arrivée dans ce nouveau pays.

Mon avis — ★★★★☆

Une discussion non préparée avec les élèves nous a fait nous questionner sur les migrants. Un élève a lancé à la volée un « Ah on y est… franchement ils n’ont qu’à rester chez eux, ou aller ailleurs ; mais qu’ils ne viennent pas chez nous ! ». Après un froid glacial dans la salle et les remarques choquées des autres élèves, je me suis dit qu’il serait bon d’aborder le sujet en classe à l’aide d’un roman. Et bien je pense l’avoir trouvé !

Dans ce livre, nous suivons les premiers pas d’une réfugiée syrienne dans un collège. Bien que confrontée à la stupidité de quelques loubards du collège, la jeune fille reste forte. C’est ce que j’ai apprécié dans ce livre : il n’est ni larmoyant, ni complaisant. Il présente une histoire tout à fait plausible avec une situation qui parlera peut-être à certains ou à certaines. Très rapide à lire, le temps avance assez vite et permettra aux lecteurs les moins accrocs aux descriptions et aux longueurs d’être toujours dans les évènements. Un très bon roman à lire seul dès le CM2 ou en classe/famille dès la fin du CE2.

Extraits

« Il regarde la nouvelle d’un air attentif. Avec ses parents, il avait entendu et vu de nombreux reportages sur les réfugiés, mais toutes ces images, ces personnes anonymes qui défilaient sur l’écran ne lui avait jamais semblé vraiment réelles. Du moins, jusque’à aujourd’hui… »

« La Nouvelle », Cassandra O’Donnell

« Les différences de cultures, de religions… Grand-mère connaît ça par coeur. Elle sait les problèmes que ça pose. Elle ne jette la pierre ni aux uns ni aux autres. Elle regrette juste, parfois, qu’il n’y ait pas plus de tolérance et de compréhension de part et d’autres. »

« La Nouvelle », Cassandra O’Donnell

« Les cons… murmure Théo en voyant une petite flaque d’eau se former sous le sac.
Gabriel soupire, l’ouvre et retire un livre. La moitié du bouquin est trempée, fichue, comme les cahiers et la plupart des cours. »

« La Nouvelle », Cassandra O’Donnell
Roman – L’omelette au sucre

Roman – L’omelette au sucre

« L’omelette au sucre » est le premier tome de la saga littéraire « Histoires des Jean-Quelque-Chose ».

AuteurJean-Philippe Arrou-Vignod
EditeurFolio Junior
IllustratriceDominique Corbasson
Pages149
CollectionHistoire des Jean-Quelque-Chose — Tome 1
Âge conseilléA partir de 9 ans
Lu en classeOui, à des élèves de CE2-CM1-CM2
Thèmes abordésHumour, aventures, famille
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Le résumé

Attention, famille dangereuse !

Connaissez-vous l’omelette au sucre ? Rien de moins compliqué à préparer. Prenez une famille de cinq garçons. Ajoutez-y un nouveau bébé à naître, une tortue, un cochon d’Inde et une poignée de souris blanches. Mélangez bien le tout, sans oublier une mère très organisée, un père champion du bricolage et quelques copains d’école à l’imagination débordante. Saupoudrez d’une pincée de malice et d’émotion, et servez aussitôt. C’est prêt… À consommer sans modération !

Mon avis — ★★★★☆

J’adore la série Malcolm ! La folie des gamins, l’immaturité du père, la rudesse de la mère me font mourir de rire. Et bien j’ai retrouvé exactement cette ambiance dans ce roman, mais dans une version française de la fin des années 1960. Une famille de deux parents et cinq enfants, tous nommés Jean (Jean A, Jean B, Jean C…) que l’on suit à travers les yeux de Jean B, minot un peu rondouillard qui subit les affres de ses frères tous aussi allumés les uns que les autres. On sourit beaucoup. Le rythme est soutenu (il ne se passe pas une page sans qu’une gifle vole ici ou là). 

Les aventures vécues par ces enfants sont probablement classiques et tous ceux qui ont la chance d’avoir des frères et soeurs en auront probablement connues quelques unes, mais il est très agréable de les suivre au fil des pages. Les élèves ont d’ailleurs demandé la suite (6 autres romans) avec force. 

Extraits

« Le mal au cœur en voiture, c’est un peu comme les collections de porte-clefs ou de boîtes de camembert : il suffit qu’un de nous cinq s’y mette pour que ça donne une idée au suivant. »

« L’omelette au sucre », Jean-Philippe Arrou-Vignod

« -38.2 de moyenne, a dit papa. Ça baisse. Quand je vous le disais : rien de tel que l’air sec et vivifiant de la montagne! Vous serez tous sur pied demain pour le réveillon de Noël.
Papa est très fort comme médecin.
Le soir de Noël, on avait tous 40. »

« L’omelette au sucre », Jean-Philippe Arrou-Vignod

« Quelquefois, j’aimerais m’appeler Jean-Tout seul. Être fils unique. Un nombre entier, pas une fraction. Pouvoir dormir dans le lit du haut si j’en ai envie au lieu de le laisse à Jean-A., sous prétexte qu’il est l’aîné et qu’il veut toujours commander. Mais voilà : qui peut choisir sa famille ? »

« L’omelette au sucre », Jean-Philippe Arrou-Vignod